La voie familiale
Acteur reconnu de l’immobilier en Suisse romande, l’entreprise familiale Cardis Immobilier, à Lausanne, entame un nouveau chapitre de son histoire en tant qu’entité indépendante. Valentine Cardis, CEO, et Philippe Cardis, fondateur, expliquent leur vision et leurs projets.
Vous repartez aujourd’hui à zéro avec Cardis Immobilier. Qu’est-ce qui a motivé cette décision?
Philippe Cardis. J’étais en désaccord avec mon associé Luca Tagliaboschi et sa vision très axée sur la technologie et la masse. J’ai donc décidé de relancer la marque Cardis Immobilier avec ma fille, Valentine, qui a pris les rênes de l’entreprise, et mes amis et associés Lucien Masmejan et Yves Cherpillod. J’ai toujours été convaincu que la qualité des courtiers faisait la différence, et c’est vraiment cette idée qui m’a motivé à recréer Cardis. Je voulais une société très participative où l’on met l’humain en avant et où les courtiers sont considérés, car ils font un métier qui ne s’apprend pas en trois semaines de cours. Notre objectif est de créer un modèle d’affaires centré sur des courtiers de très haut niveau, en limitant leur nombre dans chaque agence. Nous sommes actifs sur l’Arc lémanique jusqu’à Fribourg, et chaque agence comptera entre deux et quatre courtiers au maximum. Nous privilégions la qualité humaine et la collaboration plutôt qu’une concurrence interne excessive. Nous prenons le contre-pied de certaines sociétés de courtage qui misent tout sur la technologie, ce qui ne signifie pas que nous l’ignorons, mais nous voulons mettre en avant les qualités humaines du courtier. Chacun est une marque à lui tout seul. C’est pourquoi nous valorisons leur nom et leur image au niveau marketing. Nous voulons développer l’entreprise de manière harmonieuse, sur un territoire bien défini et sans surexpansion.
Valentine Cardis. J’ajouterai qu’un courtier indépendant est peut-être un peu mieux rémunéré, mais par contre, il est souvent seul. Dans une entreprise, il y a une équipe et le courtier peut travailler au quotidien dans un esprit de collaboration et d’entraide. Nous avons vraiment envie d’allier les deux. Avoir des courtiers indépendants qui se gèrent, qui sont autoportants de par leur travail et leur gestion du temps, mais en leur offrant une présence et un soutien pour discuter, par exemple, de projets, ou les aider lorsque c’est nécessaire.
Comment vous positionnez-vous?
P.C. J’ai toujours eu la passion de construire. J’aime la nature, sans être écologiste, mais ma fille l’est. Elle a commencé à me parler des problèmes environnementaux et de la construction qui est l’un des domaines d’activité les plus polluants de la terre. J’ai été touché par cette situation et je pense qu’actuellement il y a de plus en plus de techniques pour construire de manière plus verte, moins polluante, et nous en tiendrons compte dans nos futurs projets tout en étant conscients que faire des constructions qui trouvent preneur reste le nerf de la guerre. Mais chaque fois, nous étudierons des solutions écoresponsables et nous les appliquerons quand c’est possible même si cela coûte un peu plus cher.
V.C. Il faut être réaliste. Si on construit un bâtiment et que personne ne souhaite vivre dedans car on a fait des murs en bois paille, nous allons rester avec des mètres cubes vides et il n’y a rien de pire pour la planète que de construire et de ne pas utiliser. Nous sommes actuellement dans une zone tampon avec des solutions intermédiaires comme le béton recyclé, qui certes ne réduit pas l’impact carbone mais préserve les ressources de nos terres. Et puis il y a aussi de petits gestes à faire dans la géométrie des bâtiments comme, par exemple, calculer exactement la bonne longueur de balcon qui protège les baies vitrées sud pour éviter la surchauffe et l’installation de climatisation.
Avez-vous des projets en cours?
P.C. Nous en avons deux, l’un à Cossonay, le projet Innaé, de 25 appartements, du studio aux 5 pièces, et un autre, L’Orée du Léman, qui va débuter à Pully, de neuf appartements.
V.C. A Cossonay, il s’agit d’un immeuble villageois à l’architecture assez particulière. Le règlement communal nous obligeait à faire des très grosses toitures, mais nous avons trouvé des artifices architecturaux permettant d’amener beaucoup de lumière naturelle dans les combles. Nous avons des duplex pleins de charme avec vue sur le village. La promotion a été un succès avec déjà 19 appartements vendus. A Pully, il s’agit d’appartements contemporains de 4,5 pièces avec un très bel attique de 5,5 pièces face au lac.
Propos recueillis par Odile Habel
Source : AGEFI Immo édition Décembre 2025 – Février 2026


